Une « liste INCI », c’est quoi exactement ?
INCI signifie International Nomenclature of Cosmetic Ingredients.
Dans le langage courant, on parle donc naturellement de « liste INCI ».
Juridiquement, le règlement cosmétique européen parle plutôt de liste des ingrédients. Les ingrédients doivent y apparaître avec les dénominations communes prévues par le glossaire européen, lequel tient notamment compte de la nomenclature INCI.
Cette nuance paraît technique, mais elle aide à comprendre quelque chose d’important :
INCI est d’abord un système d’identification.
Il permet qu’un même ingrédient soit reconnu sous une dénomination standardisée plutôt que sous le nom marketing choisi par chaque marque.
Depuis le 30 juillet 2026, le glossaire applicable dans l’Union européenne est celui établi par la décision d’exécution (UE) 2025/1175.
Un nom marketing comme :
« Botanical Hair Control Complex™ »
n’est donc pas nécessairement ce que vous retrouverez sur l’emballage.
La matière première commerciale peut en réalité correspondre à plusieurs ingrédients réglementaires distincts.
Première chose à regarder : l’ordre
La règle générale européenne est simple :
les ingrédients sont indiqués par ordre décroissant de leur importance pondérale au moment de leur incorporation dans le produit.
Autrement dit, dans la partie de la liste où cet ordre s’applique strictement :
AQUA avant GLYCERIN
signifie que l’eau n’a pas été incorporée en quantité inférieure à la glycérine.
Mais cette information reste relative.
Elle ne vous dit pas si le produit contient :
- 70 % d’eau et 5 % de glycérine ;
- 45 % d’eau et 20 % de glycérine ;
- ou des valeurs beaucoup plus proches.
La liste indique un ordre.
Elle n’indique pas la distance entre deux ingrédients.
C’est pourquoi des règles populaires comme :
« les cinq premiers ingrédients représentent 80 % de la formule »
ne peuvent pas être utilisées comme une loi générale.
Dans beaucoup de formules, quelques ingrédients majoritaires représentent effectivement une grande partie du produit.
Mais l’ordre seul ne vous permet pas de savoir si les trois, quatre ou cinq premiers représentent 70, 80 ou 90 % de ce produit précis.
La règle des 1 % change la manière de lire la fin de liste
C’est probablement la règle la plus importante à connaître.
Le règlement européen prévoit que les ingrédients présents à une concentration inférieure à 1 % peuvent être indiqués dans le désordre après ceux présents à une concentration supérieure à 1 %.
Cela signifie qu’une liste pourrait contenir, dans sa partie basse :
- ingrédient A : 0,20 %
- ingrédient B : 0,90 %
et pourtant afficher :
A avant B.
À partir de cette zone, le rang ne vous permet donc plus de conclure :
« celui-ci est forcément plus dosé que celui qui vient après ».
Le problème est que l’emballage ne dessine évidemment pas une ligne avec :
AU-DESSUS DE 1 %
────────
EN DESSOUS DE 1 %
La frontière reste invisible.
Ce que vous pouvez lire — et ce qui reste invisible
Une liste d’ingrédients donne de vrais repères. Mais elle ne révèle pas toute la formule.
Elle peut commencer avant le phénoxyéthanol. Sa position exacte ne peut pas être déduite de cette liste.
La tête de liste informe
Les ingrédients majoritaires suivent en principe un ordre décroissant de poids.
Sous 1 %, l’ordre peut changer
Les ingrédients présents à moins de 1 % peuvent être affichés dans un ordre libre après ceux présents à plus de 1 %.
Identifier ≠ quantifier
Le nom permet de reconnaître un ingrédient. Il révèle rarement son pourcentage exact.
Certaines mentions ont leurs propres règles
PARFUM · allergènes · CI · [nano] ne se lisent pas exactement comme une simple succession d’ingrédients ordinaires.
Une partie essentielle manque
pH, procédé, grade, stabilité et efficacité ne figurent pas dans la liste.
Ces informations nécessitent d’autres données que la liste réglementaire des ingrédients.
L’INCI vous dit ce qui est déclaré. Elle ne vous donne pas toute la formule.
Exemple fictif à vocation pédagogique — ne correspond à aucun produit BERYT.
Peut-on connaître le pourcentage d’un ingrédient grâce à l’INCI ?
Généralement non.
La liste permet parfois d’obtenir des repères.
Elle ne permet presque jamais de reconstruire précisément les dosages.
Prenons le phénoxyéthanol.
En Europe, PHENOXYETHANOL est autorisé comme conservateur avec une concentration maximale de 1,0 % dans le produit fini.
Sa position peut donc être informative.
S’il apparaît dans une liste, on sait qu’il ne peut pas légalement être présent à plus de 1 % dans un produit conforme à cette règle.
Cela signifie qu’un ingrédient ordinaire soumis à la règle générale placé après lui ne devrait pas soudainement être à 4 ou 5 %.
Mais cette astuce a trois limites importantes.
Le phénoxyéthanol n’est pas forcément à 1 %
Il peut être à :
0,8 %
0,6 %
0,4 %
La liste seule ne vous le dit pas.
La zone sous 1 % peut avoir commencé avant lui
Des ingrédients situés juste avant peuvent eux aussi être présents à moins de 1 %.
Et la fin de liste comporte des exceptions
Les colorants peuvent notamment être affichés selon une règle particulière.
Donc :
« tout ce qui est après le phénoxyéthanol est forcément sous 1 % »
est une astuce trop absolue.
La formulation correcte est plutôt :
le phénoxyéthanol peut fournir un repère autour de la zone des faibles concentrations, sans vous révéler la formule quantitative.
[ DANS LA RÉGLEMENTATION ]
Pourquoi la fin d’une liste n’est-elle pas forcément classée ?
Les ingrédients sont indiqués par ordre décroissant de poids au moment de leur incorporation.
Mais ceux présents à une concentration inférieure à 1 % peuvent être affichés dans n’importe quel ordre après les ingrédients présents à plus de 1 %.
Le début de la liste fournit une information réelle sur l’ordre relatif des ingrédients majoritaires.
Plus bas, la position peut cesser de refléter la concentration.
Dans cette zone, l’ordre affiché ne permet donc plus de déterminer lequel est réellement le plus concentré.
- tracer avec certitude la frontière des 1 % ;
- retrouver les pourcentages exacts ;
- comparer deux faibles concentrations uniquement grâce à leur rang ;
- considérer les colorants comme des marqueurs fiables de cette frontière, puisqu’ils suivent des règles particulières.
Dans l’Union européenne, le phénoxyéthanol est autorisé comme conservateur jusqu’à 1,0 % maximum.
Sa présence peut donc fournir un repère. Mais elle ne dit pas qu’il est réellement dosé à 1 %, ni que la zone des faibles concentrations commence exactement à cet endroit.
L’erreur n’est pas de regarder la position d’un ingrédient.
L’erreur est de lui demander plus d’information qu’elle n’en contient.
Un actif placé très haut est-il forcément plus efficace ?
Non.
La liste est classée selon la quantité, pas selon l’importance biologique ou marketing.
Des ingrédients présents en grande quantité peuvent surtout servir de :
- véhicule ;
- humectant ;
- émollient ;
- solvant ;
- agent de texture ;
- émulsifiant.
Ils ne sont pas pour autant « inutiles ».
Ils participent à la structure et au comportement de la formule.
À l’inverse, certains ingrédients remplissent leur fonction à de faibles concentrations.
Un conservateur, un chélatant, certains polymères ou certains actifs n’ont aucune raison d’être présents à 10 % pour être pertinents.
La règle :
« plus haut = meilleur »
ne fonctionne donc pas.
Et la règle inverse :
« en dessous de 1 % = inutile »
ne fonctionne pas davantage.
La concentration pertinente dépend de l’ingrédient et de ce que l’on attend de lui.
Et si la marque annonce « 10 % d’un complexe » ?
Il faut regarder précisément ce que désigne ce 10 %.
Une matière première cosmétique n’est pas nécessairement composée à 100 % de la molécule mise en avant.
Elle peut contenir :
- la substance revendiquée ;
- de l’eau ;
- un solvant ;
- un stabilisant ;
- un antioxydant ;
- un système de conservation.
Imaginons une matière première contenant 10 % de la molécule X.
Si le fabricant incorpore 5 % de cette matière première dans son produit, cela ne signifie pas :
5 % de molécule X.
La teneur théorique de X serait alors beaucoup plus basse.
C’est pourquoi :
« 10 % de complexe »
et :
« 10 % de la molécule active »
ne veulent pas nécessairement dire la même chose.
Un extrait végétal vous dit encore moins qu’il n’y paraît
Prenons :
ZINGIBER OFFICINALE ROOT EXTRACT
La dénomination permet de reconnaître un extrait de racine de gingembre.
C’est utile.
Mais elle ne vous indique généralement pas :
- combien de 6-gingérol contient cet extrait ;
- son ratio plante/extrait ;
- son procédé complet d’extraction ;
- sa standardisation ;
- son fournisseur ;
- son profil chimique précis.
Deux matières premières peuvent donc porter le même nom INCI botanique sans être absolument identiques sur tous ces paramètres.
C’est l’une des raisons pour lesquelles la simple présence d’un actif dans une liste ne suffit pas à démontrer l’efficacité du produit fini.
PARFUM, allergènes, CI et [nano] : pourquoi certains noms suivent des règles particulières
Une liste d’ingrédients n’est pas seulement une longue succession de molécules.
Certaines catégories possèdent des règles de déclaration particulières.
PARFUM et AROMA
Une composition parfumante n’a pas à être intégralement détaillée composant par composant.
Elle peut apparaître sous :
PARFUM
ou :
AROMA.
Cela ne signifie cependant pas que toutes les substances parfumantes disparaissent derrière ce mot.
Certains allergènes parfumants doivent être indiqués individuellement au-delà de seuils réglementaires. La Commission indique actuellement des seuils de déclaration de 0,001 % pour les produits non rincés et 0,01 % pour les produits rincés.
Vous pouvez donc rencontrer, par exemple :
PARFUM, LIMONENE, LINALOOL
sans que cela signifie qu’une personne utilisant le produit développera automatiquement une allergie.
Ces mentions sont particulièrement utiles à quelqu’un qui sait déjà être sensibilisé à une substance déterminée.
Ce qui change en 2026
Le règlement européen 2023/1545 a étendu l’étiquetage individuel à 56 allergènes parfumants supplémentaires.
Depuis le 31 juillet 2026, les produits qui ne respectent pas ces nouvelles exigences ne peuvent plus être nouvellement mis sur le marché européen.
Certains produits déjà mis sur le marché avant cette échéance peuvent néanmoins continuer à être proposés jusqu’au 31 juillet 2028.
C’est pourquoi deux emballages achetés actuellement peuvent encore présenter des niveaux de détail différents.
CI + numéro
Un code comme :
CI 77491
permet d’identifier un colorant via le système Colour Index.
Les colorants peuvent être affichés selon des règles particulières et ne doivent donc pas être utilisés comme des marqueurs fiables de la frontière des 1 %.
[nano]
Lorsqu’un ingrédient est présent sous forme de nanomatériau au sens du règlement cosmétique, son nom est suivi du mot :
[nano].
Ce marquage signifie :
forme nanométrique réglementaire.
Il ne signifie pas automatiquement :
danger.
Ce que l’INCI ne vous dit pas
C’est probablement aussi important que ce qu’elle révèle.
Une liste ne vous donne généralement pas :
le pH
Deux formules utilisant les mêmes ingrédients peuvent fonctionner à des pH différents.
le fournisseur ou le grade
Une même dénomination peut correspondre à plusieurs matières premières commerciales.
C’est pourquoi l’ingrédient ne peut pas être totalement séparé de la manière dont le produit est formulé.
la standardisation d’un extrait
La présence d’un botanique ne donne pas forcément sa teneur en composé d’intérêt.
le procédé de fabrication
Ordre d’incorporation, températures ou procédé d’émulsification ne figurent pas sur l’étiquette.
la stabilité
La liste vous dit qu’un ingrédient a été utilisé, pas comment sa teneur évolue pendant toute la durée de vie du produit.
l’exposition réelle de la peau
La manière dont une molécule quitte la formule et atteint sa cible dépend aussi du véhicule.
l’efficacité du produit fini
Présence n’est pas synonyme de preuve.
votre tolérance personnelle
Une personne sensibilisée à une substance et une autre personne peuvent réagir très différemment au même produit.
Une INCI est donc une carte de composition.
Pas une fiche technique complète.
Un nom compliqué est-il mauvais pour la peau ?
Non.
Une nomenclature standardisée est faite pour identifier précisément les ingrédients, pas pour rendre leur nom rassurant.
SODIUM HYALURONATE
ASCORBYL GLUCOSIDE
CETEARYL ALCOHOL
peuvent sembler plus « chimiques » qu’un nom courant simplement parce qu’ils respectent une nomenclature précise.
L’erreur serait cependant d’aller dans l’autre extrême et de conclure :
« puisqu’un nom chimique n’est pas forcément dangereux, aucun ingrédient ne peut poser de problème ».
La sécurité dépend notamment :
- de la substance ;
- de sa concentration ;
- de l’exposition ;
- du type de produit ;
- et de la personne qui l’utilise.
La longueur du nom ne vous apprend rien sur ce risque.
ALCOHOL n’est pas la même chose que CETEARYL ALCOHOL
Voici un exemple parfait des limites d’une lecture par mots-clés.
ALCOHOL ou ALCOHOL DENAT. renvoient essentiellement à l’éthanol ou à l’éthanol dénaturé.
Mais :
CETYL ALCOHOLCETEARYL ALCOHOLSTEARYL ALCOHOL
sont des alcools gras, utilisés notamment pour leurs propriétés de texture, d’émollience ou de structuration.
Partager le mot « alcohol » ne signifie donc pas partager exactement les mêmes propriétés.
Même logique pour les silicones ou les tensioactifs :
identifier une famille est utile.
Transformer la famille entière en verdict « bon » ou « mauvais » ne l’est pas.
Une liste courte est-elle meilleure ?
Non.
Une formule peut avoir besoin de plusieurs types d’ingrédients pour fonctionner correctement :
- véhicule ;
- émollients ;
- humectants ;
- émulsifiants ;
- épaississants ;
- antioxydants ;
- conservateurs ;
- ajusteurs de pH ;
- actifs.
Un nombre élevé d’ingrédients ne signifie donc pas automatiquement : formule surchargée et une liste très courte ne signifie pas automatiquement : formule plus sûre.
La question utile est : à quoi servent les ingrédients présents et la formule est-elle adaptée à son objectif ?
Pas : combien y en a-t-il ?
Deux produits avec exactement la même INCI sont-ils identiques ?
Pas forcément.
C’est particulièrement important avec les « dupes ».
Deux produits peuvent afficher exactement les mêmes ingrédients dans exactement le même ordre sans avoir les mêmes concentrations.
Sous 1 %, l’ordre peut être libre.
Même au-dessus de 1 %, une séquence :
A > B > C
peut correspondre à :
40 / 10 / 2 %
comme à :
15 / 14 / 13 %.
Ajoutez à cela des différences possibles de :
- fournisseur ;
- grade ;
- pH ;
- standardisation ;
- procédé ;
- stabilité ;
- système d’émulsion.
L’INCI permet donc de dire :
« ces produits ont une composition déclarée très proche ».
Elle ne permet pas forcément de dire :
« ils sont rigoureusement identiques et auront exactement la même efficacité, texture et tolérance ».
Que valent les applications qui notent une INCI ?
Elles peuvent être pratiques.
Une application peut faciliter :
- l’identification d’un ingrédient ;
- la compréhension de sa fonction ;
- la recherche d’une substance connue ;
- la comparaison de plusieurs listes.
Ce sont de vrais usages.
Le problème apparaît lorsque toutes les informations d’un produit sont résumées en une note unique.
Car l’application ne connaît pas forcément :
- les concentrations ;
- le pH ;
- le procédé ;
- la stabilité ;
- l’exposition ;
- la qualité de la matière première ;
- les données du produit fini.
Or ces informations peuvent changer la manière dont une substance se comporte réellement.
Une note peut donc refléter la méthodologie de l’application.
Elle n’est pas automatiquement une mesure objective et complète de la qualité du cosmétique.
Lire une INCI en 30 secondes : les 5 gestes utiles
01 — LIRE
Quels ingrédients sont réellement déclarés ?
Commencez par identifier.
Ne jugez pas encore.
02 — SITUER
Où se trouve l’ingrédient qui vous intéresse ?
Sa position peut fournir un repère, surtout dans la tête de liste.
Elle ne donne pas son pourcentage.
03 — IDENTIFIER
De quel type d’ingrédient s’agit-il ?
- Molécule simple ?
- Extrait ?
- Parfum ?
- Colorant ?
- Conservateur ?
- Nanomatériau ?
04 — REPÉRER LA LIMITE
L’ordre est-il encore réellement informatif ?
Gardez en tête la règle des concentrations inférieures à 1 %, sans chercher une frontière que l’étiquette ne montre pas.
05 — S’ARRÊTER
Qu’est-ce que cette liste ne permet pas de conclure ?
- Dosage exact ?
- pH ?
- Efficacité ?
- Stabilité ?
- Tolérance ?
Si la réponse n’est pas sur l’étiquette : ne l’inventez pas à partir du rang.
Ce que la liste permet réellement de savoir
| Question | Ce que l’INCI peut vous apprendre | Ce qu’elle ne vous dit pas seule |
|---|---|---|
| L’ingrédient est-il déclaré ? | Oui | Sa pureté ou son grade |
| Lequel est le plus concentré ? | Souvent dans la zone >1 % | L’écart exact |
| Quel est son pourcentage ? | Rarement | La valeur exacte |
| Où commence la zone <1 % ? | Parfois quelques indices | La frontière exacte |
| Quel est son rôle ? | Son nom permet de rechercher ses fonctions possibles | Son rôle exact dans cette formule |
| Un actif est-il efficace ? | Vous savez qu’il est présent | Si le produit fini démontre l’effet |
| Y a-t-il du parfum ? |
PARFUM / AROMA fournissent une information |
Toute la composition parfumante |
| Un allergène connu est-il déclaré ? | Oui lorsqu’il répond aux règles d’étiquetage | Votre risque personnel absolu |
| Y a-t-il un nanomatériau ? |
[nano] l’indique |
Qu’il soit automatiquement dangereux |
| Deux produits sont-ils équivalents ? | Vous pouvez comparer les compositions déclarées | L’équivalence des formules |
| Le produit conviendra-t-il à ma peau ? | Vous pouvez repérer une substance déjà connue | Votre tolérance individuelle |
Quand un ingrédient vous intéresse vraiment, allez au-delà de la liste
L’INCI constitue un excellent point de départ.
Elle vous permet d’identifier un ingrédient avec un nom standardisé et d’aller chercher davantage d’informations.
Mais lorsqu’une question devient :
« cet ingrédient fonctionne-t-il ? »
ou :
« à ce dosage, cette formule peut-elle réellement produire cet effet ? »
l’étiquette a atteint sa limite.
C’est à ce stade qu’une méthode d’évaluation des preuves devient nécessaire.
Il faut alors regarder :
- les données scientifiques ;
- la concentration étudiée ;
- la matière première ;
- la formulation ;
- le produit réellement testé ;
- les limites des études.
La nature et la traçabilité des sources utilisées comptent elles aussi dans cette lecture.
L’INCI répond principalement :
« qu’est-ce qui est déclaré dans ce produit ? »
Pas :
« qu’est-ce que ce produit a démontré ? »
Une carte utile n’est pas la formule complète
Lire une liste d’ingrédients n’est ni inutile, ni magique.
Elle permet de voir beaucoup de choses :
ce qui est présent, l’ordre d’une partie des ingrédients, certaines catégories particulières et les substances que vous cherchez précisément.
Mais le bon lecteur sait également reconnaître le moment où l’information s’arrête.
Il ne transforme pas :
une position en pourcentage,
un nom en danger,
un ingrédient en efficacité,
ou
deux listes semblables en deux formules identiques.
La meilleure manière de lire une INCI est finalement assez simple :
prendre au sérieux ce qu’elle vous dit, sans lui faire dire ce qu’elle ne contient pas.